vendredi 29 novembre 2013

Toi Hiver...

Hiver tu nous pénètres de ton froid glacial,
Tu entres dans nos vies en nous gelant le cœur,
Tu nous pinces les doigts, cruel, et tues nos fleurs,
Tu es le meurtrier de l’Été, ton rival!

Tu nous fais rechercher la chaleur du foyer,
Réunis les amants qui, fuyant la froidure,
Tentent de conjuguer leurs deux températures
Pour atteindre, amoureux, des sommets ignorés.

Tu nous fis inventer le manteau de fourrure,
Les moufles, les écharpes, les passe-montagnes,
Les joyeux feux de bois dont la chaleur nous gagne,
Éblouis que nous sommes par ses flammes pures.

Mais nul ne veut laisser pour toi sa porte ouverte
Et nul ne veut de toi au sein de sa maison.
Nul ne voit qu’après tout c’est toi qui nous fis don
De cette intimité soudain redécouverte.

Nul ne sait apprécier tes Noëls enneigés.
Nul ne te remercie de pouvoir porter bottes
Ni d’offrir aux enfants, dans ton énorme hotte,
Les présents espérés durant toute une année.

Moi-même qui t’écris toutes ces vérités,
Je ne puis me vanter de bénir ton retour.
Je suis, comme les autres, déçue par ces jours
Où la Nature est obligée de se cacher…


Jeanne
1971

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