Hiver
tu nous pénètres de ton froid glacial,
Tu
entres dans nos vies en nous gelant le cœur,
Tu
nous pinces les doigts, cruel, et tues nos fleurs,
Tu
es le meurtrier de l’Été, ton rival!
Tu
nous fais rechercher la chaleur du foyer,
Réunis
les amants qui, fuyant la froidure,
Tentent
de conjuguer leurs deux températures
Pour
atteindre, amoureux, des sommets ignorés.
Tu
nous fis inventer le manteau de fourrure,
Les
moufles, les écharpes, les passe-montagnes,
Les
joyeux feux de bois dont la chaleur nous gagne,
Éblouis
que nous sommes par ses flammes pures.
Mais
nul ne veut laisser pour toi sa porte ouverte
Et
nul ne veut de toi au sein de sa maison.
Nul
ne voit qu’après tout c’est toi qui nous fis don
De
cette intimité soudain redécouverte.
Nul
ne sait apprécier tes Noëls enneigés.
Nul
ne te remercie de pouvoir porter bottes
Ni
d’offrir aux enfants, dans ton énorme hotte,
Les
présents espérés durant toute une année.
Moi-même
qui t’écris toutes ces vérités,
Je
ne puis me vanter de bénir ton retour.
Je
suis, comme les autres, déçue par ces jours
Où
la Nature est obligée de se cacher…
Jeanne
1971
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