jeudi 31 octobre 2013

À mon père

Depuis que mes grands yeux ont enfin sur le monde
Su lever leurs paupières afin de voir le jour
J'ai cueilli dans tes bras plus d'un bouquet d'amour
Que tu sus dispenser chaque jour à la ronde.

Ma main d'enfant toujours se logea dans la tienne,

Pour y puiser la joie, la force et la chaleur,
Pour y glisser aussi un peu de ma candeur 
Et nous communiquions ainsi sans nulle peine.

Depuis que mes grands yeux ont enfin sur le monde

Su lever leurs paupières afin de voir le jour
J'ai cueilli dans tes bras plus d'un bouquet d'amour
Moi qui là sur ton cœur posais ma tête blonde.

Mais le temps estompa tout doucement tes forces

Sans aucune pitié, il te fit cet affront.
Des rides lézardèrent peu à peu ton front
Et l'arbre que tu fus en perdit son écorce.

À ce point dépouillé de tes nobles atours,

Toi mon père si fier, si beau, si volontaire,
Tu as laissé ton corps retourner à la terre
Dont il vient. Tu y gis, de pensées je t'entoure... 

Jeanne

1974

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