J’aime les airs
rythmés qui recréent devant moi
Les scènes
haïtiennes, paysages bleus,
Les beaux corps
ondulant tous ensemble à la fois
Pour mieux sentir
la vie, qu’ils prennent comme un jeu.
Ce m’est un
réconfort et une distraction,
C’est un peu de
soleil sur le noir de mes jours,
C’est la joie qui
revient en douce exaltation
Mettre un brin de
clarté au sein de mon séjour.
Chaque sonorité
rappelle une couleur
À mon regard
sensible aux mille tons variés
De cette île
éloignée : depuis les yeux rieurs
Jusques au
Carnaval de la mi-février.
Je vois les
flamboyants, parasols naturels,
S’épanouir en
teintes et vertes et carmin
Sur l’azur sans
défaut, tandis qu’au loin chancellent
Sous le poids de
leurs fruits, quelques bananiers nains.
Et je vois le ciel
gris verser sur cette terre
Des trombes d’eau
saumâtre, transparente ou claire :
Le sol chaud à
longs traits enfin se désaltère.
La musique reprend
et le bonheur l’éclaire.
En repensant à
toi, Haïti, je renais,
Mon esprit
vagabond te parcourt, t’envahit…
Son retour parmi
nous le voit rasséréné :
Tu sais bien que
jamais je ne t’avais haï…
Jeanne
1972
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