dimanche 27 octobre 2013

Haïti, plus je t’« entends », plus je te « vois »…

J’aime les airs rythmés qui recréent devant moi
Les scènes haïtiennes, paysages bleus,
Les beaux corps ondulant tous ensemble à la fois
Pour mieux sentir la vie, qu’ils prennent comme un jeu.

Ce m’est un réconfort et une distraction,
C’est un peu de soleil sur le noir de mes jours,
C’est la joie qui revient en douce exaltation
Mettre un brin de clarté au sein de mon séjour.

Chaque sonorité rappelle une couleur
À mon regard sensible aux mille tons variés
De cette île éloignée : depuis les yeux rieurs
Jusques au Carnaval de la mi-février.

Je vois les flamboyants, parasols naturels,
S’épanouir en teintes et vertes et carmin
Sur l’azur sans défaut, tandis qu’au loin chancellent
Sous le poids de leurs fruits, quelques bananiers nains.

Et je vois le ciel gris verser sur cette terre
Des trombes d’eau saumâtre, transparente ou claire :
Le sol chaud à longs traits enfin se désaltère.
La musique reprend et le bonheur l’éclaire.

En repensant à toi, Haïti, je renais,
Mon esprit vagabond te parcourt, t’envahit…
Son retour parmi nous le voit rasséréné :
Tu sais bien que jamais je ne t’avais haï…

Jeanne

1972

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