Dans trois jours
je m’enfuis pour une courte absence.
Je laisserai ton
sol après moi, Canada.
Je m’envole et
m’en vais vers notre douce France
Pour t’aimer mieux
en te revoyant, Ottawa.
De l’avion je
verrai s’estomper tes rivages,
Rapetisser tes
monts et ton immensité.
Tu ne seras alors
pour moi plus que l’image
Des jours froids
de l’hiver et du soleil d’été,
Canada. Tu seras
loin des yeux, loin du cœur,
Avec ingratitude
oublierai tes merveilles;
Sourire aux lèvres,
nageant dans le bonheur,
Je laisserai aller
mon corps au grand sommeil,
Au sommeil où l’on
rêve à ceux qu’on aime tant,
À ceux qu’on a
quittés un jour pour l’aventure,
À la patrie
chérie, à cette miniature
Comparée aux
arpents du Canada géant.
Puis mes yeux rouvrirai
pour me revoir ici
Parmi tes
étendues, tes routes et tes lacs,
Avec tous mes
amis, mon mari, mon logis…
Et la France oublierai :
Paris, St Trop’, Pessac…
Oublierai jusqu’au
jour où, dans ma nostalgie,
Me reviendra
l’envie de te quitter encore
Pour retrouver
tous ceux que j’aime. Et vers Paris
L’avion emportera
et mon cœur et mon corps...
Jeanne
Ottawa, 1971
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