dimanche 27 octobre 2013

Brève trêve

Dans trois jours je m’enfuis pour une courte absence.
Je laisserai ton sol après moi, Canada.
Je m’envole et m’en vais vers notre douce France
Pour t’aimer mieux en te revoyant, Ottawa.

De l’avion je verrai s’estomper tes rivages,
Rapetisser tes monts et ton immensité.
Tu ne seras alors pour moi plus que l’image
Des jours froids de l’hiver et du soleil d’été,

Canada. Tu seras loin des yeux, loin du cœur,
Avec ingratitude oublierai tes merveilles;
Sourire aux lèvres, nageant dans le bonheur,
Je laisserai aller mon corps au grand sommeil,

Au sommeil où l’on rêve à ceux qu’on aime tant,
À ceux qu’on a quittés un jour pour l’aventure,
À la patrie chérie, à cette miniature
Comparée aux arpents du Canada géant.

Puis mes yeux rouvrirai pour me revoir ici
Parmi tes étendues, tes routes et tes lacs,
Avec tous mes amis, mon mari, mon logis…
Et la France oublierai : Paris, St Trop’, Pessac…

Oublierai jusqu’au jour où, dans ma nostalgie,
Me reviendra l’envie de te quitter encore
Pour retrouver tous ceux que j’aime. Et vers Paris
L’avion emportera et mon cœur et mon corps...

Jeanne
Ottawa, 1971

Aucun commentaire: